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Paysan
paysan et la paysannerie
Paysan avant l'époque de l'Empire romain
- L'avoine et le seigle se développent en Europe occidentale.
- Les fèves, les lentilles, les pois et la vigne font également leur apparition.
- Le cheval domestique arrive des pays de l'est.
Paysan avant le Moyen Âge
Paysan au Moyen Âge
L'augmentation de la population des campagnes se traduit par une diminution de la taille des parcelles et une paupérisation persistante.
Les terres appartiennent au Seigneurs qui font construire des chateaux-forts en bois puis en pierre.
Entre 1050 et 1150 les seigneurs poussent les paysans à défricher pour augmenter la production agricole. Cette période s'achève au XIII° siècle. Les villages qui naissent ont pour nom : Neubourg (le nouveau bourg), Les Essarts (du verbe essarter - ). Dans le sud de la France on appelle bastides ces nouveaux habitats créés au XIII°s ou après la guerre de Cent Ans
Paysan avant la Révolution française
- En France, les hommes et les femmes qui travaillaient la terre représentaient 90% de la population du royaume.
- La majeure partie des terres appartenait aux ordres privilégiés (clergé et noblesse). Le paysan était lourdement taxé par le royaume, l'Église et le seigneur local.
Paysans après la Révolution française
La répartition des terres fut modifiée pendant la Révolution française.
Situation actuelle
Dans la situation actuelle, le mot paysan s'accapare à une connotation péjorative,
on associe le mot paysan et la conception de pauvreté aggraire. On pense à famine
quand on voit paysan.
Le mot paysan comporte le mot « pays » qui fait le pays, le paysan d'aujourd'hui au yeux de l'administration est un agriculteur. Mais il reste celui qui fonde un pays ou une région, une zone géographique et culturelle. On peut dire que le paysan est associé à des traditions de culture
agraire, de vie… Il est aux yeux de ses amis quelqu'un de bon.
Bibliographie
Voir aussi
- Moyen Âge
- Révolution française
Seigle ja:ライムギ
catégorie:Céréale Catégorie:Poaceae
Le seigle est une plante annuelle appartenant au genre Secale de la famille des Poacées (graminées), et cultivée comme céréale ou comme fourrage. Elle fait partie des céréales à paille. C'est une céréale rustique adaptée aux terres pauvres et froides. Sa culture est de nos jours marginale.
Nom scientifique : Secale cereale L., famille des Poacées, sous-famille des Pooideae, tribu des Triticeae.
Le genre Secale comprend de nombreuses espèces originaires d'Asie centrale.
Le chaume est plus long et plus souple que celui du blé.
L'inflorescence est un épi, de structure semblable à celui du blé. Plus court, toujours barbu, il est formé d'épillets à trois fleurs, dont la médiane est stérile et qui ne porte donc que deux graines. Le grain est un caryopse plus allongé que celui du blé. Les glumelles, non adhérentes, sont entrouvertes à maturité laissant apparaître le grain..
Utilisations
- Grains :
- Alimentation humaine : la farine de seigle est recherchée pour la fabrication de pain, notamment pour sa valeur diététique.
- Alimentation animale : le seigle à une valeur fourragère équivalente à celle du blé.
- Plante entière :
- Alimentation animale : le seigle peut être fauché avant maturité pour être distribué aux animaux comme fourrage.
- Paille : matière première pour la confection de toitures traditionnelles, ou le rempaillage de chaises. Elle sert aussi à fabriquer de paillassons et d'objets artisanaux. Elle peut entrer dans la composition de matériaux isolants.
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Note : les « ségalas » sont des terres froides, à sol pauvre et acide, favorables à la culture du seigle. On les trouve notamment dans le sud-ouest du Massif Central.
Lentilles
Lentilles
Lentilles est une commune française, située dans le département de l'Aube et la région Champagne-Ardenne.
Géographie
Histoire
Administration
Démographie
Lieux et monuments
Personnalités liées à la commune
Voir aussi
- Communes de l'Aube
Liens externes
- [http://www.ign.fr/affiche_rubrique.asp?rbr_id=1087&CommuneId=92571 Lentilles sur le site de l'Institut Géographique National]
- [http://www.recensement.insee.fr/RP99/rp99/co_navigation.co_page?nivgeo=C&codgeo=10192&theme=ALL&typeprod=ALL&lang=FR&quelcas=LISTE Lentilles sur le site de l'Insee]
- [http://www.quid.fr/communes.html?mode=query&req=Lentilles Lentilles sur le site du Quid]
- [http://www.lion1906.com/Pages/ResultatProximiteCoord.php?RadLat1=0.846208343464541&RadLong1=0.0804984636157579 Communes les plus proches de Lentilles]
- [http://www.lion1906.com/Pages/ResultatLocalisation.php?InseeVille=100192 Localisation de Lentilles sur une carte de France]
- [http://www.mapquest.com/maps/map.adp?latlongtype=decimal&latitude=48.4841666666667&longitude=4.61222222222222&zoom=8 Plan de Lentilles sur Mapquest]
Pois
Le pois est une plante annuelle, de la famille des légumineuses (Fabacées), largement cultivée pour ses graines, consommées comme légume, ou utilisées comme aliment du bétail. Le terme désigne aussi la graine elle-même, riche en protéines (25 %). Les pois frais sont couramment appelés « petits pois ».
Nom scientifique : Pisum sativum L. famile des Fabacées, sous-famille des Faboideae, tribu des Fabeae.
Nom communs : pois, petit pois, pois rond, de : Erbse, en : pea, it : pisello.
L'espèce Pisum sativum rassemble plusieurs sous-espèces, classées précédemment en espèces distinctes. Principales sous-espèces :
- Pisum sativum L. subsp. sativum var. sativum : pois potager, petit pois ou pois des jardins ;
- Pisum sativum L. subsp. elatius (Steven ex M. Bieb.) Asch. & Graebn. : pois sauvage ;
- Pisum sativum L. subsp. sativum var. arvense (L.) Poir. : pois fourrager ou pois des champs ;
Description
protéine
Plante annuelle de hauteur variable de 0,5 à 1,2 mètres. Feuilles composées, munies à leur base de deux grandes stipules à forme arrondie, folioles en nombre variable de 2 à 8, foliole terminale remplacée par une vrille simple ou composée. Fleurs généralement blanches, solitaires ou groupées par deux, du type papilionnacée, calice à cinq dents, étamines au nombre de 10, dont une libre et les neuf autres soudées par leur filet en un tube.
Fruit en gousse, ou cosse, bivalve, contenant des graines lisses ou anguleuses.
Utilisations
Pois potager
gousse
Le pois potager est un légume consommé :
- soit frais, écossé, en graines : le petit pois, lancé en France à l'époque de Louis XIV,
- soit frais entier, le petit pois mangetout dont on consomme la gousse jeune,
- soit sec, le pois cassé (graines dont les deux cotylédons sont séparés). De digestion difficile, le pois cassé est souvent préparé en purée.
Le petit pois donne lieu à une importante industrie de mise en conserve (appertisation) et plus récemment de surgélation.
Les variétés de pois sont nombreuses. On distingue notamment les pois selon que les graines sont lisses ou à ridées (plus sucrées) (Ce caractère est l'un de ceux utilisés par Gregor Mendel dans ses études sur la génétique), ainsi que selon couleur des graines (jaune clair ou vert). La sélection porte aussi sur la précocité et l'absence de « parchemin » (mangetout). On distingue également les variétés naines et les variétés à rames, qu'il est nécessaire de tuteurer en culture.
Pois fourrager
Autres pois
Ce sont, sauf exception, des plantes de la famille des Fabacées :
- Pois ambrevade = Ambrevade, Cajanus indicus Spreng. ;
- Pois amer = Haricot du Cap, Phaseolus lunatus L. ;
- Pois bambara= Voandzou, Voandzeia subterranea Thouars ;
- Pois boucoussou =Dolique lablab, Dolichos lablab L. ;
- Pois cajan = Ambrevade, Cajanus indicus Spreng. ;
- Pois carré, Psophocarpus tetragonolobus DC ;
- Pois chiche, Cicer arietinum L. ;
- Pois cochon = Dolique bulbeux, Pachyrrhizus angulatus Rich. ;
- Pois d'Angole = Ambrevade, Cajanus indicus Spreng. ;
- Pois de cœur = cardiospermum, Cardiospermum halicacabum (Sapindacées) ;
- Pois de senteur, Lathyrus odoratus L. ;
- Pois de sept ans = Haricot du Cap, Phaseolus lunatus L. ;
- Pois de terre = Arachide, Arachis hypogaea L. ;
- Pois du Cap = Haricot du Cap, Phaseolus lunatus L. ;
- Pois d'un sou =Dolique lablab, Dolichos lablab L. ;
- Pois indien =Dolique lablab, Dolichos lablab L. ;
- Pois manioc = Dolique bulbeux, Pachyrrhizus angulatus Rich. ;
- Pois mascate, Mucuna utile Wall. ;
- Pois pigeon = Ambrevade, Cajanus indicus Spreng. ;
- Pois quénique ;
- Pois sabre, Canavalia ensiformis DC ;
Voir aussi
Légumes | Légumes secs
Catégorie:Flore (noms vernaculaires)
Catégorie:Fabaceae
Catégorie:Légume
Catégorie:Plante alimentaire
Catégorie:Plante à féculents
Catégorie:Plante potagère
ja:グリーンピース
Vigne
Catégorie:Flore (noms vernaculaires) Catégorie:Vitaceae Catégorie:Plante fruitière catégorie:Viticulture
La vigne est un arbrisseau sarmenteux de la famille des Vitacées, précédemment appelée Ampélidacées largement cultivé pour ses fruits en grappes, le raisin, dont on tire le vin. Il en existe d'innombrables variétés cultivées appelées cépages : cabernet, chardonnay, merlot, pinot, sauvignon, etc. La culture de la vigne, ou viticulture, occupe environ 8 millions d'hectares dans le monde et produit près de 300 millions d'hectolitres de vin.
Nom scientifique : Vitis vinifera L.
C'est une espèce cultivée de puis des temps immémoriaux en Europe, dans l'ouest de l'Asie (Moyen-Orient, Caucase) et le nord de l'Afrique, mais que l'on peut trouver à l'état subspontané, notamment dans le sud de la France. Elle a été introduite dans tous les continents, et la viticulture a pris de l'importance en Amérique du Nord (Californie), du Sud (Argentine, Chili), en Australie, en Afrique du Sud et en Chine.
Un terrain planté de vigne s'appelle un vignoble.
Les différentes espèces
Le genre Vitis comprend de très nombreuses espèces :
On trouve notamment en Amérique du Nord :
- Vitis labrusca, la vigne américaine ou vigne isabelle (en anglais fox grape, dont les raisins on un goût « foxé » peu apprécié en Europe ;
- Vitis riparia, la vigne des rivages (frost grape) ;
- Vitis rupestris Scheele, la vigne des rochers (sand grape) ;
- Vitis berlandieri Planch.(ou Vitis cinerea var. helleri), la vigne espagnole (Spanish grape).
Peu sensibles au phylloxéra, ces vignes, ainsi que leurs hybrides, sont utilisées soit comme porte-greffes, soit par croisement avec des variétés de Vitis vinifera sous forme d'hybrides producteurs (non admis dans les appellations).
Le raisin de Vitis labrusca peut être vinifié mais donne un vin foxé, dont le goût rappelle la framboise. Un cépage de cette espèce, l"Isabelle" est quelquefois cultivé en Europe centrale, notamment en Suisse sous le nom de « gros framboisé ».
En Extrême Orient, on trouve :
- Vitis amurensis Rupr., la vigne de l'Amour (fleuve) ;
- Vitis coignetiae Pulliat ex Planch, vigne du japon ;
qui ne présentent pas d'intérêt pour la viticulture.
On appelle aussi vignes d'autres plantes de la famille des Vitacées :
- les vignes-vierges vraies appartenant au genre Parthenocissus,
- les vignes-vierges apparentées appartenant aux genres Ampelocissus, Ampelopsis, Cissus, très proches du précédent et du genre Vitis
Étymologiquement, ces noms dérivent du grec ampelos, la vigne, et cissos, le lierre.
D'autres plantes, qui se rapprochent vaguement de la vigne par le port, la forme des feuilles ou des fruits, portent également en français le nom de vigne. Ainsi on appelle :
- vigne blanche, la bryone, Bryonia dioica Jacq., Cucurbitacées ;
- vigne de Judée, la douce-amère, Solanum dulcamara L., Solanacées ;
- vigne du Nord, le houblon, Humulus lupulus L. Cannabinacées ;
- vigne noire, le tamier, Tamus communis L., Dioscoréacées ;
- vigne-blanche ou fausse Vigne, la clématite, Clematis vitalba L. Renonculacées ;
- vigne du mont Ida, l'airelle, Vaccinium vitis-idaea L., Éricacées.
Description
La vigne est un arbrisseau grimpant qui s'attache aux supports par des vrilles. Les tiges, taillées en culture, peuvent atteindre dans la nature de très grandes longueurs en grimpant dans les arbres. Les feuilles à nervure palmée comportent cinq lobes principaux plus ou moins découpés, et sont en forme de cœur à la base. Les fleurs sont très petites, verdâtres et regoupées en grappes composées. Les fruits murs sont des baies de forme et de couleur variables. Ils sont blancs, jaunâtres, violets ou noirs, et presque toujours noirs à l'état sauvage. Une description fine des variations de forme des feuilles et des fruits est nécessaire pour identifier les cépages. C'est l'objet de l'ampélographie.
Utilisations
ampélographie
- Production de vin (vinification)
- Dérivés de la vinification
- moûts de raisin concentré
- alcool de distillation du marc
- tartres (pour acide tartrique destiné au secteur agro-alimentaire)
- huile de pépins de raisin
- pulpe de marc pour l'alimentation animale
- Production de raisin frais (raisin de table)
- Production de raisins secs
- Production de boissons à base de raisin
- jus de raisin
- pétillant de raisin
- Autres dérivés alimentaires
- gelées et confitures
- conserves au sirop et à l'alcool
- vinaigre
Le bois des ceps de vigne, d'un grain très fin, se conserve longtemps, et sert à fabriquer divers objets, notamment des cannes.
Histoire
Voir l'article Histoire de la vigne et du vin
Importance économique
Extension du vignoble
La surface total du vignoble mondial représentait 7,886 millions d'hectares en 2000, dont :
- Europe : 62,7 % (France 11,6, Italie 11,5, Espagne 14,9).
- Asie : 19,2 % (Chine 3,3)
- Amérique : 11,9 % (États-Unis 5,2, Argentine 2,7, Chili 2,2).
- Afrique : 4,3 (Afrique du Sud 1,5).
- Océanie : 11,9 % (Australie 1,8).
La part de l'Europe diminue (perte de 4 points depuis 1996) tandis que celle des autres continents augmente.
Production de vin
La production mondiale s'établit à 276 millions d'hectolitres en 2000. L'Europe représente 73,1 % du total (dont France 20,9), l'Amérique 17,8 %.
Les exportations portent sur 63 millions d'hectolitres. Les principaux exportateurs de vins sont dans l'ordre : Italie 27,1 %, France 24, Espagne 13,8, États-Unis 4,6, Australie 4,5, Chili 4,2.
Culture
Multiplication
- semis
- bouturage
- provignage (marcottage)
Plantation
La plantation se fait en novembre
Greffage
Méthodes
Porte-greffe
travail du sol
Fumure
Matières organiques
La matière organique n'est pas directement un aliment pour la plante. Elle apporte au sol des éléments indispensables à sa fertilité. Elle doit être enfouie dans les premiers centimètres du sol, de façon à se décomposer toujours en présence d'un peu d'oxygène. Elle peut être d'origine animale ou (et surtout) végétale. La matière animale est plutôt à considérer comme un engrais apportant principalement de l'azote. La matière végétale doit provenir de végétaux « murs » (c'est-à-dire lignifiés) et fermentescibles (les feuilles de platane ou la paille de riz, par exemple, ne font pas de bons apports, car très peu fermentescibles).
Les besoins de restitution se calculent en fonction du type de sol et du climat. On donne comme moyenne, pour entretien, l'équivalent de 5 à 15 tonnes de fumier par an et par hectare
Éléments minéraux
Note : les besoins sont calculés en « unités » (ou kilos), qui représentent des kilos de l'élément indiqué, pour un hectare et par an. Exemple : 50 unités d'un élément « x » pourront être apportés par 100 kg d'un engrais contenant 50 % de cet élément, ou bien par 500 kg d'un engrais en contenant 10 %. Les quantités sont exprimées soit en élément pur (cas de l'azote, -N-), soit en composé, oxyde ou autre (cas des phosphates -P2O5- ou de la potasse -K2O-)
Les quantités sont exprimées en grammes dans le cas des oligo-éléments, dont les besoins sont beaucoup plus réduits.
Besoins annuels approximatifs, pour un hectare de vigne « moyenne » :
- 5 à 20 « kilos » d'azote;
- 10 à 50 « kilos » d'acide phosphorique (P2O5);
- 50 à 120« kilos » de potasse (K2O);
- 60 à 80 « kilos » de calcium (Ca);
Les quatre éléments ci-dessus sont appelés éléments principaux, ou majeurs.
- 15 à 20 « kilos » de magnésie (Mgo), élément appelé « secondaire »;
Les éléments ci-dessous sont dénommés « oligo-éléments ». Leurs besoins moyens sont :
- 400 à 600 grammes de fer (Fe);
- 150 à 200 grammes de bore (B);
- 180 à 300 grammes de manganèse (Mn);
- 200 à 300 grammes de cuivre (Cu);
- 150 à 200 grammes de zinc (Zn);
- 4 à 10 grammes de molybdène (Mo).
Époque et mode d'apport
- Époque : Souvent, selon les régions, les éléments minéraux sont apportés immédiatement après la vendange, pour favoriser la constitution de réserves nutritives avant la chute des feuilles.
:Dans les régions les plus septentrionnales, la récolte est plus tardive et la chute des feuilles est plus précoce. Les épandages d'engrais se font plutôt en fin d'hiver.
:Dans certaines régions, par exemple la Champagne, les dates d'épandage d'engrais sont fixées par la préfecture, après consultation des organisations professionnelles. Ces mesures sont prises pour limiter les déperditions (polluantes).
- Mode d'apport : Les éléments majeurs s'épandent, en général, en surface, suivi ou non d'un enfouissement. Dans d'autres cas, ils sont enterrés directement à l'aide d'un semoir spécial, muni d'un soc enfouisseur, appelé « localisateur ». Cette technique est destinée à rapprocher l'engrais de la zone explorée par les racines, à le concentrer et aussi à limiter la concurrence des mauvaises herbes.
:Compte tenu des quantités (besoins) relativement faibles, les oligo-éléments sont apportés soit au sol, dans les mêmes conditions que les éléments majeurs, soit en saison, par voie foliaire. Dans tous les cas, on doit s'assurer qu'ils resteront assimilables longtemps.
Forme et formulation
Azote : Azote organique (naturelle ou de synthèse (urée)), Nitrate d'ammoniaque (ammonitrate 33 %), sulfate d'ammoniaque 21%, phosphate d'ammoniaque, etc.
Phosphates : selon le pH du sol, apports de phosphates naturels plus ou moins finement moulus, superphosphates de chaux, phospal, phosphate d'ammoniaque. Ce dernier produit est à conseiller dans les sols calcaires, car il sera plus longtemps assimilable par la plante.
Potase : Chlorure et sulfate sont les deux formes les plus employées. Autre forme, le patenkali apporte en même temps de la magnésie.
Calcium : à réserver aux sols acides ou décalcifiés. La finesse du produit à employer est notamment fonction de l'acidité des sols.
Magnésie : Sulfate de magnésie et patenkali apportent une forme de « MgO » longtemps assimilable.
Les oligo-élément peuvent être apportés sous forme de chlorure, sulfate, nitrate, chélate, ou aussi sous forme organo-métallique. Veiller à leur assimilabilité dans le temps.
Taille
Taille sèche
La taille est le procédé par lequel le viticulteur influe sur la formation des sarments et la productivité quantitative ou qualitative
selon les objectifs.
Taille en vert
Ou opérations en vert, ce sont les travaux réalisés durant l'été sur les vignes en production dans le but de favoriser la maturation des baies ou améliorer les conditions sanitaire. On distingue notament:
- l'effeuillage
- l'élagage
- la vendange en vert ou éclaircissage.
Les ennemis de la vigne
Agressions climatiques
- Échaudage (grillage des jeunes raisins)
- Folletage (dessèchement partiel des ceps)
- Foudre
- Gelées (de printemps)
- Protection par butage (recouvrement surtout par de la terre) et des ventilateurs géant pour amener l'air plus chaud de 30 m d'altitude vers le sol.
- Grêle
Maladies non parasitaires
- Carences diverses (ou insuffisances plus ou moins graves) en...
- Azote. Elle se manifeste par des feuilles petites et pâles, voire jaunâtres. Plante peu poussante, peu productive.
- Potasse.
- Bore. manifestations: voir coulure et millerandage ci-après. Les feuilles ont un aspect crispé, épais. Les sarments présentent des déformations et des écorces anormales.
- Magnésium. Les feuilles de la base surtout, présentent des décolorations inter-nervaires. Se manifeste tardivement en saison, à partir de la véraison.
- Manganèse.
- Zinc.
- Fer (voir chlorose ferrique, ci-après).
- Chlorose ferrique (carence en fer)
- La chlorose ferrique est une décoloration plus ou moins prononcée des feuilles, due à une insuffisance de production de chlorophylle par la plante. La couleur va du vert pâle au blanc-jaunâtre, en fonction de la gravité. Elle apparaît en cours de végétation, sur les feuilles les plus jeunes, au fur et à mesure de leur sortie. Les nervures principales restent relativement vertes alors que le limbe est uniformément décoloré. Il arrive quelquefois que cette décoloration s'estompe, avec l'apparition de la chaleur, en saison. Les remèdes habituels sont la mise à disposition de la plante de fer assimilable, soit par voie racinaire, soit par voie foliaire. Il existe d'autres chloroses, avec des symptômes de décoloration différents et assez typiques, dues notamment à des carences (ou insuffisances) en manganèse, azote, zinc...
- Coulure (avortement des fleurs)
- La coulure est souvent due à une insuffisance ou une carence en bore. La météo avant et pendant la floraison joue aussi un rôle important. La météo de l'année précédente, au moment de l'induction florale (en été), a également une influence. Les remèdes habituels sont la mise à disposition de la plante de bore assimilable, soit par voie racinaire, soit par voie foliaire (dans ce dernier cas, immédiatement avant floraison).
- Millerandage (avortement partiel des raisins)
- Typique, là aussi, souvent, d'une insuffisance en bore. Tous les stades existent, de l'avortement pur et simple de la fleur (coulure), jusqu'à la formation pratiquement normale de la grune (grain). Les formes intermédiaires sont des grains qui grossissent plus ou moins et chutent, pour certains. La grappe a un aspect caractéristique avec des grains clairsemés, de toutes dimensions et pour les plus gros, à tous stades de maturité. Même remède que pour la coulure.
- Rougeot et flavescence (rougissement ou jaunissement du feuillage)
Maladies à virus
- Dégénérescence infectieuse, court-noué, mosaïque...
- Maladie de Pierce
Maladies cryptogamiques
- Anthracnose ou charbon de la vigne
- Apoplexie ou esca ou maladie de l'amadou
- Black-rot
- Brenner ou rote brenner
- Excoriose
- Fumagine
- Oïdium
- Mildiou
- Pourridié ou blanc des racines
- Pourriture grise ou pourriture noble
- Rot blanc
Parasites animaux
- Araignée rouge
- Érinose
- Altise de la vigne
- Cochylis ou teigne de la grappe
- Cécidomye de la vigne
- Cochenilles de la vigne
- Eudémis ou tordeuse de la grappe
- Eumolbe gribouri ou écrivain
- Hanneton commun
- Hanneton vert
- Pyrale de la vigne
- Grisette de la vigne ou calocoris
- Noctuelles
- Phylloxéra
- Pucerons
- Rhynchite ou cigarier de la vigne
- Sphynx de la vigne
- Anguillule des racines
Produits phytopharmaceutiques autorisés en viticulture
- Liste des produits phytopharmaceutiques autorisés en France pour lutter contre les parasites de la vigne : [http://e-phy.agriculture.gouv.fr/wiphy/usages/312v.htm e-phy.agriculture.gouv.fr]
- [http://www.previmeteo.com/ Prévisions Météo heure par heure] La prise en compte des fateurs température et hygromêtrie permet de limiter le nombre et la quantité des produits de traitement contre les parasites de la vigne
Liens externes
- [http://www.ars-grin.gov/~sbmljw/cgi-bin/taxon.pl?41905 GRIN 41905]
- [http://www.itis.usda.gov/servlet/SingleRpt/SingleRpt?search_topic=TSN&search_value=28629 ITIS 28629]
- [http://www.tela-botanica.org/nn72795 Tela Botanica 72795]
Cheval
Le cheval (nom scientifique Equus caballus) est un grand mammifère ongulé, de la famille des équidés. Le cheval est domestiqué par l'homme : on l'utilise dans l'agriculture, pour le transport, les loisirs, les compétitions sportives, et comme source de nourriture. Jadis le cheval a servi comme animal de guerre et de conquête.
La jument désigne la femelle cheval. L'ancien français la nomme cavale, d'où le mot cavalerie.
Vocabulaire
- Le mot cheval vient du latin vulgaire caballus, d'étymologie obscure, qui a d'abord désigné un cheval hongre ou un mauvais cheval. Principaux dérivés : chevalier, chevalière, chevalerie, chevaleresque, chevalin, chevaucher, chevalet, cavale, cavaler, cavalier, cavalerie, cavalcade.
- D'autres termes savants liés au cheval sont empruntés au grec ancien ἵππος (híppos, de la racine indo-européenne - ékwos), comme l'adjectif hippique ou le nom hippodrome. Cette racine grecque se retrouve aussi dans Philippe (« qui aime les chevaux »), Hippolyte (« qui délie les chevaux »), hippocampe (« cheval cambré »), hippopotame (« cheval du fleuve »). La boucherie chevaline est également appelée boucherie hippophagique.
- Le latin equus a donné de son côté la famille des équidés, le nom équitation et l'adjectif équestre. L'ordre équestre était une classe sociale de la Rome antique descendant des combattants à cheval des premiers siècles de Rome.
- La science du cheval est l'hippologie.
- Un cheval reproducteur mâle est un étalon.
- un cheval non castré est dit entier.
- Un cheval castré est appelé hongre.
- La femelle du cheval est la jument.
- Une jument destinée à la reproduction est appelée une poulinière.
- Les petits du cheval sont le poulain et la pouliche.
- Arrivée au terme de la gestation, la jument pouline.
- Les poils du cheval constituent sa robe. Il porte une crinière et une queue dont les poils sont appelé crins.
- Ses membres locomoteurs sont appelés jambes. Par exemple, pour les membres postérieurs, le terme désigne la partie allant du fémur à l'astragale ).
- On dit que le cheval piaffe s'il effectue un trot sur place, c'est un signe de nervosité ou d'extrême exitation. Ce mouvement est exploité en dressage de façon très cadrée. En dressage le cheval piaffe dans le calme !
- On dit que le cheval s'ébroue s'il expire bruyamment en secouant la tête.
- Le flehmen désigne une mimique particulière propre aux équidés en général qui consiste à retrousser la lèvre supérieure afin d'analyser plus profondément les odeurs perçues grâce à un organe, l'organe de Jacobson, situé dans le palais.
Autres termes désignant un cheval
- péjoratifs : bidet, bourrin, canasson, carne, rosse, haridelle ;
- familier (enfantin) : dada ;
- vieillis : monture, palefroi (pour les messagers), destrier (monture de guerre) ;
- chez les Amérindiens le cheval est parfois désigné sous le terme de « grand chien ».
- Le poulain sevré âgé d'un an est un yearling. Le poulain âgé de moins d'un an peut est appelé foal.
Physiologie
- Le cheval dispose de cinq sens (certains parlent même d'un sixième sens). Les sens les plus développés chez le cheval sont l'odorat, l'ouïe et le toucher (les vibrisses de son menton composent la barbe, lui permettent de reconnaître ce qu'il ne voit pas).
:Le cheval dispose d'un angle de vue quasiment total, avec seulement 2 angles morts situés exactement devant et derrière lui : il voit sur les côtés (si on a une cravache à cheval, il la voit), mais il ne voit pas si on pose la main directement sur son chanfrein, ou si on lui présente quelque chose au niveau de sa bouche. (C'est pour cela qu'on doit lui faire sentir la main avant de le caresser pour ne pas le surprendre). Certains chevaux sont aveugles, mais ils peuvent quand même vivre à peu près normalement : ils se font aider d'un congénère (Un cheval aveugle fut même champion de France de dressage).
- La durée de la gestation est en moyenne de 11 mois (310 à 360 jours) et la jument ne donne naissance qu'à un seul poulain à la fois, sauf exceptions (rarement viables). À la naissance, le poulain pèse environ une quarantaine de kilogrammes et il double de poids au cours du premier mois. Le poulain sait marcher moins d'une heure après la naissance et il peut voir dès la naissance.
- Le poulain devient adulte entre 2 et 5 ans suivant la race à laquelle il appartient (certaines sont plus précoces que d'autres).
- Le cheval a la capacité de dormir debout, mais le sommeil ainsi aquis n'est que très léger(le cheval est quand même près à fuir). Il n'atteint le sommeil profond qu'allongé, dans un troupeau (où il se sent en sécurité) il peut le faire mais on remarque que tout les chevaux d'un même troupeau ne dorment pas en même temps, il y en a toujours un qui veille, debout, sur les autres. Il faut néanmoins faire attention car un cheval qui se couche trop souvent, ou qui ne se lève pas quand quelqu'un d'inconnu vient le voir peut s'avérer malade.
- La médecine équine est assez développée, ainsi que le domaine de la génétique équine. Il existe également des dentistes équins.
- Un cheval adulte pèse environ 650 kg.
- Un cheval vit en moyenne 20 à 30 ans. Les poneys et les chevaux dits « lourds » vivent en moyenne plus longtemps que d'autres races.
- Les chevaux d'écurie mangent des céréales (avoine, orge et parfois maïs), des aliments composés (granulés) et des fourrages (du foin).
- Les chevaux en pâturage se nourrissent d'herbe composée de 70 % de graminées et 20 % de légumineuses et 10 % de diverses plantes.
- Il boit environ 20 à 40 litres d'eau par jour et ceci peut doubler en été (70-80 litres)
- Son cri est le hennissement.
L'éthologie est la science qui étudie le comportement des animaux dans leur milieu naturel. Elle s'applique aussi aux comportements des chevaux.
Après bien d'autres théories (mécanique, psychologie animale...) elle est maintenant utilisée pour fonder des pratiques de dressage du cheval. Ainsi des dresseurs de chevaux s'en réclament et font des présentations de leur méthode, donnent des cours de « méthode éthologique » de dressage et aident à reprendre en main des chevaux qui présentent des difficultés dans leur relation à l'homme et notamment des risques.
On distinguera donc utilement les deux acceptions du mot éthologie équine.
L'une présente les résultats des observations et expérimentations scientifiques sur le comportement du cheval, dont voici la base:
- Le cheval est un animal grégaire (vit en harde, avec un étalon protecteur, environ sept juments et une jument dominante, qui est souvent la plus vieille. C'est elle qui « décide » quelle direction prendre et qui mange en premier. Dans la harde, existe une hiérarchie de type dominant/dominé, établie en fonction de l'âge des individus, de leur tempérament... (souvent les plus vieux dominent les plus jeunes jusqu'à ce que ceux-ci arrivent à trouver leur place dans le groupe et à se faire respecter).
Jusqu'à l'âge de deux ans environ, les jeunes mâles restent dans le groupe, puis en sont exclus. Alors plusieurs jeunes mâles se regroupent pour former un troupeau. Quand ils ont pris assez d'assurance, ils créent leur propre harde. Pour ce faire, ils provoquent en duel d'autre mâles et s'ils gagnent le combat, ils « récupèrent » les femelles dont ils ont gagné le respect, certains forme leur harde en "volant" simplement des juments à d'autre étalons.
- Un cheval effrayé prend automatiquement la fuite. C'est un instinct très fort chez lui qui remonte à des milliers d'années. Étant un herbivore sans aucun moyen de protection, le cheval est de nature peureuse et prend facilement le galop pour fuir le danger. Il n'attaque pas, ou très rarement (les étalons ou les entiers parfois très nerveux peuvent attaquer l'homme), il se défend ou se fait respecter des autres par des ruades ou des morsures. Mais la plupart du temps des manœuvres d'intimidation (son langage corporel est très développé) suffisent à rétablir l'ordre et la hiérarchie au sein du groupe.
La seconde regroupe un ensemble de pratiques de dressage plus ou moins inspirées des théories et résultats de la précédente.
L'étude de la gestuelle, des mouvements d'oreilles, des attitudes de la tête permet de déterminer l'humeur du cheval, ses émotions. Par exemple : si un cheval couche les oreilles fortement en arrière, il n'est pas content ; s'il les pointe vers l'avant, il est attentif… Mais on essaie également de mieux comprendre les réactions du cheval en considérant qu'il exprime et s'exprime pour les autres chevaux, ce qui évite de lui prêter, à tort, des intentions humaines. L'éthologie remplace utilement l'idée d'une « psychologie du cheval », toujours susceptible d'être une projection anthropomorphique (je me mets à la place du cheval).
Voir lien sur éthologie en bas de page.
Catégorie de chevaux
- Chevaux de selle
- Chevaux de trait
- Poneys
- Voir Liste des races équines de France
(voir liens sur les haras nationaux)
Les robes et taches
Robes
Lire l'article de fond : robe (cheval).
Taches
- La balzane est une tache de poils blancs sur les jambes. On distingue :
- des herminures : petites tâches noires dans la balzane ;
- une trace de balzane, trace de balzane latérale ou trace de balzane en talon : ce sont des taches qui ne font pas le tour de la jambe ;
- une petite balzane qui ne dépasse pas le boulet ;
- une grande balzane qui monte jusqu'à mi-canon ;
- une balzane chaussée qui monte jusqu'au dessous du genou (membre antérieur) ou du jarret (membre postérieur) ;
- une balzane haut chaussée qui englobe le genou (membre antérieur) ou le jarret (membre postérieur).
- l'en-tête est une tache de poils blancs sur la tête du cheval. On distingue :
- une pelote : tâche ronde sur le front ;
- une étoile : tâche dont la forme rapelle une étoile sur le front ;
- une fleur sur le front ;
- une liste : trace verticale parcourant le chanfrein, elle peut être continue ou discontinue. Si le blanc dépasse les limites latérales du chanfrein on parle de belle face. Si le blanc s'étend aussi sur les naseaux et la bouche, on dit que le cheval boit dans son blanc ;
- une étoile prolongée : étoile et liste attachées ;
- un masque,
- une belle face.
- le ladre est une dépigmentation des naseaux et de la bouche de l'équidé.
Les allures
Les allures naturelles
- Le pas est une allure marchée, symétrique, à quatre temps (moy. 7 km/h)
- Le trot est une allure sautée, symétrique, à deux temps, par bipèdes diagonaux (moy. 14 km/h)
- Le galop est une allure sautée et basculée, assymétrique, à trois temps (moy. 21 km/h, max 60 km/h (certains chevaux de courses peuvent aller jusqu'a 64 km/h!))
Les allures spécifiques
- Le reculer est une allure marchée, symétrique, rétrograde, à deux temps, par bipèdes diagonaux.
- Le tölt est une allure marchée à quatre temps spécifique du cheval islandais. Le cheval conserve en permanence un pied en contact avec le sol. L'ordre des posés et identique à celui du pas. Il s'agit d'une allure très confortable pour le cavalier lors de laquelle le cheval fournit un fort engagement des postérieurs.
- Des chevaux américains ont aussi des allures spécifiques proches de l'amble : le slow gait, le trot amblé et le running walk (littéralement "marche en courant").
- L'amble : allure marchée, symétrique, à deux temps, par bipèdes latéraux. C'est une allure aussi employée chez les chevaux de courses sous harnais(American Standardbred). Elle est acceptée chez les races qui la possèdent naturellement mais est considérée comme défectueuse chez les autres.
Les allures défectueuses
Ce sont les allures atypiques, asynchrones avec des mouvements dissociés des membres. Il y a quatre allures défectueuses identifiables : le galop désuni, le galop à quatre temps, l'aubin et le traquenard
Histoire
Le cheval
L'ancêtre du cheval est l' eohippus (ou hyracotherium). Il vivait dans les forêts, il y a 60 millions d'années, et il évoluait principalement sur ce qui allait être l'Amérique du Nord. Il était petit (30 à 50 cm) et trapu. Il va progressivement évoluer et grandir. Ses successeurs sont le mesohippus il y a 40 à 50 millions d'années, et le mérychippus il y a 20 à 25 millions d'années. Dans la suite de son évolution, ses dents se modifient pour brouter, ses pattes acquièrent un sabot unique, et sa vision s'élargit. C'est désormais un animal capable de vivre et courir dans les plaines.
L'ancêtre des chevaux et poneys actuels, lEquus caballus apparaît il y a moins d'un million d'années en Eurasie. Il conquiert alors les Amériques par le détroit de Béring et l'Alaska d'un côté et l'Afrique de l'autre, y donnant alors naissance au zèbre et à l'âne. Le détroit de Béring se referme il y a 10 000 ans et le cheval a disparu des Amériques deux millénaires plus tard pour une raison inconnue.
Trois sous espèces dEquus caballus apparaissent :
- Le cheval des plaines d'Europe centrale, ancêtre des chevaux actuels
- LEquus caballus Prjewalski, en Mongolie.
- LEquus caballus Gmelini, dont le tarpan européen semblait être l'unique héritier. Il a récemment disparu en temps que sous-espèce pure, mais ses gênes se retrouvent dans de nombreux chevaux européens actuels avec lesquels il a été croisé.
Puis vint l'époque de la domestication.
L'homme et le cheval
Préhistoire
Le cheval est déjà représenté sur les peintures rupestres remontant à plus de 15 000 ans Lascaux, Grotte Chauvet.
Il a été chassé pour sa viande (et les utilisations des résidus, peau, os...). On sait mal dater les premières traces de domestication (les restes, même plus récents, ne permettent pas d'isoler, dans le cas du cheval, individus sauvages et individus domestiques).
Les hypothèses actuelles penchent vers une domestication comme animal de prestige. Le musée préhistorique d'Ile de France a produit une exposition avançant de forts arguments en ce sens. (groucho)
- Europe
:Grecs Romains et byzantins, l'utilisent pour la guerre, les communications, le transport mais aussi les courses de chars.
:Les Celtes vénéraient Épona, déesse des chevaux, dont le culte nous a été transmis du fait de son adoption par les troupes équestres romaines.
- Moyen-Orient
:Les Bédouins élèvent les pur-sangs arabes, chevaux du désert, robustes et élégants. Les Perses inventent le polo.
- Proche-Orient
:Lorsque les Hyksôs envahissent l'Égypte au XVIIsiècle avant l'ère chrétienne, les Égyptiens n'utilisaient les chevaux que pour des tâches civiles. La cavalerie, qui fera la puissance des pharaons du Nouvel empire, était alors du côté de l'ennemi et sera un facteur déterminant dans la défaite égyptienne.
- Afrique :
:La cavalerie numide fut une unité importante des armées carthaginoises lors des guerres puniques.
- Asie
:Le premier char hippomobile connu provient de la tombe de l'empereur chinois Wuding, mort en 1118 av. J.-C. Il est peu utilisé comme animal de trait dans l'agriculture mais cependant c'est aux Chinois que l'on doit le collier d'épaule. Les Chinois inventent l'étrier au VIe siècle avant l'ère chrétienne, la cavalerie formant le gros des troupes chinoise. Le cheval (馬) sert de moyen de transport et de communication (coursier). Quand le jeu de polo perse arrive à la cour de l'empereur, tout le monde s'en éprend. Les Chinois ne faisant pas d'élevage permanent des chevaux, ils restent un produit de luxe importés du Moyen-Orient.
:Au Japon, le cheval (馬) sert d'animal de combat, de coursier et de transport de marchandise, mais dans ce dernier cas il est guidé par des hommes à pied, ce qui limite son potentiel.
- Europe
:La chevalerie se développe. Indépendamment de la race, le palefroi est un cheval de parade au Moyen Âge, le destrier le cheval de guerre et la haquenée est un cheval de monte féminine.
:Richard Cœur de Lion importe les premiers pur-sang arabes.
- Moyen-Orient
:Les chevaux portent l'Islam jusqu'aux portes de l'Orient.
- Asie
:La cavalerie est la principale force des armées mongoles et tartares.
Conquête du nouveau monde, et Post-Renaissance
- Amériques
:Ce sont les premiers colons espagnols qui réintroduisent le cheval (arabe et andalou) dans les deux continents américains. L'espéce y avait alors disparu depuis plus de huit millénaires.
:En 1519, Les conquistadors de Cortés, amènent avec eux seize chevaux : cinq juments et six étalons, dont deux avaient une robe pie et cinq autres une robe tachetée. Ils sont les premiers ancêtres des mustangs, ces chevaux retournés à l'état sauvage et qui ont une robe tachetée pour la plupart.
:Le fait que les Amérindiens n'aient jamais vu ces bêtes aident les conquistadors à se faire passer pour des divinités et à remporter ainsi de nombreuses batailles. Cortez aurait déclaré : « Nous devons notre victoire à Dieu et à nos chevaux. »
:Le cheval se répand alors rapidement sur ces terres, principalement en Amérique du Nord. À la période de la conquête de l'Ouest, plusieurs centaines de milliers de chevaux sauvages sont répartis à travers le continent. Au , les Amérindiens élèvent de grandes hardes de chevaux (plus de 150 000). À partir de ces mustangs dressés émerge les Palomino. C'est également à partir du mustang que les Indiens Nez-Percés sélectionnent et obtiennent lAppaloosa.
- Europe Centrale
:Les Anglais croisent leurs pur-sang arabes avec des espèces indigènes pour créer les pur-sang anglais.
Les pur-sang arabes sont les chevaux de choix pour la cavalerie des troupes napoléoniennes. C'est par le biais des campagnes de l'Empereur que ce type de cheval va se retrouver en Europe de l'Est et en Russie.
Les temps modernes
On retrouve en 1881 en Mongolie une harde sauvage d'une ancienne espèce de cheval, le cheval de Prjevalski. Menacée un temps d'extinction, un programme d'échange à travers les zoos du monde a permis sa réintroduction en Mongolie.
Le dernier tarpan pur (cheval de Gmelini) est mort au zoo de Munich en 1887.
Pour l'usage des chevaux comme force de transport, voir Traction hippomobile
Arts
Le cheval est très représenté en art, tant en peinture qu'en statue.
Son intérêt militaire a même donné un genre d'art particulier : La Statue équestre, qui représente de manière hagiographique un chef d'état ou un chef militaire.
Chevaux célèbres
- « Victoire dans Thèbes » et « Mout est satisfaite », les deux chevaux préférés de Ramsès II avec qui il participa à la bataille de Qadesh ;
- Bucéphale, cheval d'Alexandre le Grand ;
- Incitatus, que Caligula nomma consul ;
- Old Billy, le plus vieux cheval, né en 1760 et mort le 27 novembre 1822, à l'âge de 62 ans ;
- Tritonis, le plus grand pur-sang, mort en septembre 1990 à l'âge de 7 ans, mesurait 1,98 m et pesait 950 kg ;
- [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ourasi Ourasi], célèbre pour ses fulgurantes remontées dans les courses hippiques ;
- Général du Lupin, qui en 125 sorties aura gagné la bagatelle de 51 épreuves et amassé 2 240 538 euros, palmarès d’autant plus remarquable que sa qualité de hongre lui interdisait toute tentative au niveau classique.
- Général du Pommeau, autre héros, a disputé, lui, les plus grandes courses françaises et européennes. À Vincennes, sa plus grande victoire restera le « Prix d’Amérique » de l'an 2000, remporté dans la réduction kilométrique de 1′12″60
- Zingaro, cheval de Bartabas
- Stormy, le « zorse » (zèbre x cheval) dressé grâce aux méthodes éthologiques d'Andy Booth
Mythes, légendes, contes modernes
- Mythologie grecque et romaine :
- Le Cheval de Troie imaginé par Ulysse,
- Les écuries d'Augias nettoyées par Héraclès,
- Les cavales de Diomède, juments carnivores et sauvages capturées par Héraclès,
- Pégase, le cheval ailé,
- Le cheval est l'attribut de Poséidon,
- Les centaures, créatures mi-homme mi-cheval ;
- Islam
- Kuhaylan, premier cheval dressé dans l'histoire de l'humanité pour les Arabes. C'est le cheval d'Ismaël, fils d'Abraham ;
- Al-Bourak, cheval ailé à tête de femme et queue de paon, sur lequel Mahomet, guidé par l'archange Gabriel, a voyagé de nuit de La Mecque à Al-Aksa (la mosquée lointaine).
- Europe
- Europe médiévale
- La licorne
- Saint Georges à cheval terrassant le dragon.
- Europe moderne
- Rossinante, cheval de Don Quichotte de la Mancha, chargeant les moulins (Miguel de Cervantes)
- ShadowFax (Gripoil) le cheval de Gandalf (Le seigneur des anneaux, JRR Tolkien).
- Jolly Jumper, monture de Lucky Luke dans la célèbre bande dessinée du même nom.
- Crin blanc, en Camargue.
- Tornado, destrier de Zorro
- Amériques
- Flika, jument de Ken, vit dans un ranch du Wyoming avec son jeune maitre. Leurs aventures sont racontees dans les romans de Mary O'Hara: Mon Amie Flika, le Fils de Flika, et l'Herbe Verte du Wyoming.
- Mister Ed, le cheval qui parle, héros de série télévisée des années 1960 (voir Mister Ed sur la wikipédia anglaise).
- Asie
- Un des avatars de Vishnou est le cheval blanc
- Lié aux hymnes à Indra
- Le cheval est un signe zodiacal chinois. Le Qilin est un sorte de licorne chinoise.
- Divers
- Les cavaliers de l'Apocalypse montent chacun un des quatre chevaux apparus à l'ouverture des quatre sceaux.
Citations célèbres
- « La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite... » (Buffon, 1754)
- « Mon royaume pour un cheval » (Shakespeare)
- « L'homme n'aura jamais la perfection du cheval » (Spinoza)
- « Pour parler à un cheval, il n'y a pas besoin de mots. C'est une étreinte charnelle qui alimente nos rêves... » (Bartabas)
- « Etre heureux à cheval, c'est être entre ciel et terre, à une hauteur qui n'existe pas. » (J. Garcin)
- «Sans mors, sans éperon, sans bride, partons à cheval sur le vin pour un ciel féerique et divin ! Nous fuirons sans repos ni trêve, vers le paradis de mes rêves ! » (Charles Baudelaire)
- Le prophète Mahomet aurait parcouru plusieurs kilomètres dans le désert avec un troupeau de juments.A l'approche d'un point d'eau, toutes se ruèrent pour aller boire.Le prophète rappela alors ses juments. Cinq seulement répondirent à son appel et revinrent vers lui malgré leur soif. De ces cinq jument descendent les cinq lignées de chevaux arabes présentes à notre époque.
Astronomie
Charles Baudelaire
Voir Cheval-vapeur et Cheval fiscal
Voir aussi
Liens internes
- Etiopathie
- Liste des races équines de France
- Liste des races équines étrangéres
- Les sports équestres (équitation)
- Le tourisme équestre (équitation de loisirs)
- Les courses hippiques
- La cavalerie
- La chevalerie
- la traction hippomobile
- Carlo Ruini
- Protection du Cheval
- [http://www.infovisual.info/02/071_fr.html Voir un schéma détaillé de la morphologie d'un cheval]
- [http://cheval.simoun.net Simoun,l'equitation passion]
- [http://www.le-site-cheval.com/ Le cheval pédagogique et ludique]
- [http://www.pferde-pferderassen.de Pferderassen - Infoportal] (ger.)
- [http://www.equinautes.com/ L'œil critique des équinautes]
- [http://www.musee-vivant-du-cheval.fr/ Musée vivant du cheval]
- [http://perso.wanadoo.fr/dede.annecy/expresion.htm Expressions liées au cheval]
- [http://membres.lycos.fr/chuchote/cheval/ch_ethologie/ethologie.html Éthologie du cheval]
- [http://www.usenet-replayer.com/webrings/animal-horse.html Images des chevaux] édités sur le Usenet et stockés avec une fonction de recherche
Catégorie:Cheval
Catégorie:Mammifère (noms vernaculaires)
Catégorie:Équidé
Catégorie:Équitation
ja:ウマ
ko:말 (동물)
Clergé
Le clergé est le terme qui désigne les différentes institutions d'une religion. Il n'y a donc pas un clergé, mais plusieurs, en fonction des différentes mouvances religieuses.
Évolution des clergés
Catholicisme
L'Église catholique de l'Ancien Régime était constituée de plusieurs « clergés » mais tous se distinguaient des laïcs.
Le clergé bénéficiait du privilège du for ecclésiastique, c'est-à-dire qu'il ne pouvait être jugé que par un tribunal ecclésiastique. Cette situation créa des abus car certaines professions (universités) furent assimilées au clergé.
Les clergés
Le clergé peut se distinguer entre clergé régulier – qui suit la règle d'un ordre religieux – et clergé séculier – qui vit dans le « siècle », c'est-à-dire dans la société. On peut également distinguer le haut clergé, les prélats : pape, cardinaux, évêques et archevêques, abbés, prieurs, et le bas-clergé : prêtres, frères convers, etc.
Le clergé est un ordre organisé au sein du royaume dans la société d'ancien régime.
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Clergé et États généraux
Le clergé constitue l'un des trois ordres des États généraux avec la noblesse et le tiers état.Ces trois ordres sont la société de Loyseau. Il pouvait cependant arriver que des ecclésiastiques fussent élus dans d'autres ordres, surtout dans le tiers état.
Modalités d'élection
Le vote aux Etats-Généraux se faisait par ordre, et non "par tête". On avait donc la majorité par 2 voix contre 1 uniquement.(Exemple : Le clergé et la noblesse faisaient souvent passer leur décision commune contre l'avis du Tiers-Etat alors que celui répresentait 97% de la population.
Aire culturelle occidentale
- Anglicanisme (Communion anglicane)
-
- Catholicisme
- Pape
- Cardinaux
- Archevêques
- Évêques
- Prêtres
- Diacres
- Abbés
- Prieurs
- Moines et Moniales
- Orthodoxie orientale
- Popes
- Protestantisme
- Pasteurs
- Prédicateurs laïcs
- Anciens ou conseillers presbytéraux
- Diacres
- Évêques
- Synodes
- Chiisme
- Taleb
- Ayatollah
- Mollah
- Sunnisme
- Imam
- Muezzin
- Cohen
- Rabbin
- Chantre
Aire culturelle orientale
- Theravada
- Chan ou Zen
- Brahmane
Voir aussi
- Religion
- Cultes
- Discipline ecclésiastique
- Monachisme
- Ordres religieux
- Constitution civile du clergé, bulle Clerici laicos
Catégorie:Religion
Noblesse zh-min-nan:Hôa-cho̍k ja:貴族
Catégorie:Noblesse
Catégorie:Ancien Régime
Catégorie:Sociologie
La noblesse est une classe sociale basée sur l'hérédité, dont les membres ont montré leur valeur, ou sont censés avoir hérité leur valeur de leurs ancêtres.
Origines de la noblesse
La noblesse de l'Ancien Régime est issue de plusieurs traditions.
Les sociétés indo-européennes vivent sur la division tripartite de la société, entre une fonction sacerdotale, une fonction guerrière, et une fonction de production. L'Église s'est fait la promotrice de cette organisation trifonctionnelle de la société, entre ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent.
La Nobilitas romaine
En latin nobilis signifie « connu », « célèbre » ; le concept de nobilitas s’applique en premier à des familles connues par leur ancienneté.
Les Romains, bien qu’organisés en République, reconnaissaient une nobilitas, mais l’appartenance à cette nobilitas n’entrainaît pas de privilèges spécifiques. Les nobles (nobiles) ne formaient donc pas un corps spécifique dans la société romaine. Pour être noble il fallait descendre d’une gens patricienne ou d’un consul. De manière intéressante, le non-noble accèdant au consulat n’était pas considéré comme nobilis, mais comme novus "homme nouveau" ; sa novitas s’opposant à la nobilitas de ses descendants. La nobilitas, considéré en tant que groupe, était évidemment pour sa majorité partie de l’ordre équestre, c’est à dire des citoyens romains possèdant la fortune nécessaure pour faire leur service militaire comme equites, cavaliers. L’appartenance à l’ordre équestre ouvrait les portes du cursus honorum, qui permettait la carrière sénatoriale. Il était donc indispensable pour un novus souhaitant accèder à la nobilitas de faire partie de l’ordre équestre, mais on pouvait être nobilis sans l’être. Un certain nombre de familles patriciennes appauvries se réclamaient donc de la nobilitas quand bien même aucun de leurs représentants n’avaient éxercé le consulat. Le marqueur principal de cette nobilitas romaine par rapport à l’aristocratie équestre et sénatoriale, c’est qu’elle ne peut que s’hériter et pas s’acquérir.
Sous le Haut Empire, ce schéma fut conservé, mais on assista à une séparation plus nette entre l’ordre équestre et les familles sénatoriales, avec l’apparition d’un cens sénatorial, nécessaire pour l’entrée dans le cursus honorum, et supérieur au cens équestre. La nobilitas restait toujours restreinte aux descendants patriciens et consulaires. Néanmoins l’apparition du consulat suffect décuple les effectifs des consulaires et permet l’intégration d’un plus grand nombre de familles à la nobilitas. D'autres charges furent d’ailleurs considérées comme source de nobilitas, comme la préfecture du prétoire, réservée à un chevalier, donc quelqu’un qui n’a pas suivi le cursus honorum. Cette intégration est désormais le fait de l’empereur, qui nomme aux magistratures et permet donc d’accèder au consulat. Ce n’est qu’avec le règne de Constantin que l’on voit la nobilitas changer de sens. L’empereur institue en effet un ordre sénatorial composé des sénateurs et de leurs descendants sur trois générations. Cet ordre sénatorial est assimilé à la nobilitas. La marginalisation du consulat suffect a en effet restreint l’accès à la nobilitas, ce que Constantin cherche peut-être à compenser par l’assimilation de l’ordre sénatorial à la nobilitas. Il devient donc possible d’acquérir cette dernière à l’entrée au Sénat. Néanmoins la notion ancienne d’une nobilitas due à la naissance seule est encore vivace. Les deux conceptions de la nobilitas, fonction sénatoriale et origine consulaire, se combattent jusqu'à la fin de l’Empire.
Beaucoup de valeurs qui n’étaient pas spécifiques à la nobilitas sinon au groupe sénatorial, tel le refus du commerce réservé à l’ordre équestre, furent intégrées par la suite dans les comportements nobiliaires occidentaux. Il est possible d’y voir l’origine du concept de dérogeance.
Les peuples barbares, ainsi que nombre de populations indigènes aux provinces de l’empire connaissaient une forme de noblesse, mais cette noblesse ne semble pas défini par des critères aussi stricts que ceux de la nobilitas romaine. De plus l’ambiguïté du mot nobilis qui désigne aussi bien le "noble" que l’ "illustre" empêche bien souvent de savoir si l’on a affaire à un noble ou à une personne illustre. Bien souvent ceux qui sont appelés "nobles" dans un contexte local ne le sont pas à Rome, qui réserve l’épithète de nobilis à sa propre nobilitas considérée comme supérieure à toute autre. L'empereur Claude Ier, par son discours des Tables de Lyon ouvrit aux nobles gaulois l'accès au Sénat. Isidore de Séville, lui-même membre de la noblesse hispano-romaine, définit ainsi le noble dans ses Étymologies : « Est noble celui dont le nom et la famille sont connus ». Mais les nobles gallo-romains seront surtout des grands propriétaires de villa, des domini. Il est frappant de constater que dans un contexte provincial, comme l’aristocratie bordelaise décrite par Ausone, le nobilis est souvent celui qui appartient aux familles sénatoriales. Il y a donc dans les provinces une acception de la nobilitas plus large qu’à Rome même. Parmi ces aristocrates gallo-romains certains sont devenus célèbres tels que Sidoine Apollinaire ou Venance Fortunat, qui très souvent accaparent les sièges épiscopaux.
Lorsque les peuplades germaniques établirent leurs royaumes dans l'Empire romain, leur noblesse finit par s'associer aux lignages nobles gallo-romains. Pareillement les chefs de clans bretons (les machtiern) et les tenants-en-chefs scandinaves de Normandie s'allieront aux lignages locaux.
Évolution de la noblesse
L'époque franque emploie les termes de nobiles viri ou illustri viri (« hommes illustres »), qui prouvent que l'héritage romain a été intégré, mais aussi des termes tels que proceres (« les grands »).
Initialement les nobles francs sont détenteurs de charges amovibles au bon vouloir des souverains, comparables à des hauts fonctionnaires. Cependant à partir de 877, par le capitulaire de Quierzy-sur-Oise, l'hérédité des domaines (les « honneurs ») et des charges se met en place, donnant naissance progressivement à la féodalité. Le pouvoir se désagrégeant la noblesse fini par s'identifier au seigneur local, le miles.
La noblesse connait au Moyen Âge un renouvellement incessant du fait des guerres. En Bretagne, des 34 familles ayant participée à la bataille de Bouvines (1214) seules 4 à 5 existent encore à la seconde moitié du .
Les guerres flamandes de Philippe le Bel à la fin du porteront un premier ombrage à la fonction militaire de cette noblesse par ses défaites contre les troupes communales flamandes, telles que la bataille de Courtrai dite « Bataille des Éperons d'or » (11 juillet 1302) où par dérision les flamands exhibèrent comme trophées les éperons des chevaliers français abattus.
Au , la noblesse française est gravement entamée par d'importantes défaites militaires (Poitiers, Azincourt) et le peuple ne tarde pas à se soulever contre les nobles qu'il juge incompétents, mouvements appelés jacquerie. La guerre devient de plus en plus l'affaire de professionnels et de mercenaires. Alors que les nobles évitent de s'entretuer au combat pour tirer une rançon de leurs prisonniers, les mercenaires ne s'encombrent plus des valeurs « chevaleresques ».
Au l'armée se professionalise encore davantage avec la création des compagnies d'ordonnance, et l'appel au ban et à l'arrière-ban se fait rare. De nombreux petits nobles deviennent des gentilhommes campagnards dont le journal de Gilles de Gouberville donne idée du mode de vie.
En dehors de l'exploitation agricole, plus ou moins tolérée selon les provinces, les seules activités non dérogeantes sont la verrerie et l'activité de maître de forges. La Bretagne autorise la noblesse dite « dormante », le noble peut mettre de côté sa noblesse, parfois sur plusieurs générations, pour se refaire une santé financière, une simple déclaration suffit à retrouver l'intégrité de ses droits. Pour attirer la noblesse dans les Compagnies des Indes le roi dût promulguer des édits de dérogation.
Parallèlement la noblesse entre toujours davantage dans les fonctions et charges au service de l'État. Fonctions et charges rémunératrices depuis les petits offices de notaire dans les campagnes aux hautes fonctions dans les Parlements où à la Cour.
À partir du , devant les besoins d'argent de la monarchie, un certain nombre de charges sont ouvertes aux roturiers avec un anoblissement à la clef – elles furent qualifiées de « savonnette à vilains » (comme les charges de secrétaire du Roi). De ce système naquit la noblesse dite de robe (la robe des magistrats, par opposition à la noblesse d'épée -des militaires -).
La noblesse française au Moyen Âge : de l'aristocratie féodale à la noblesse d'Ancien Régime
La difficulté à définir la noblesse provient du fait que les réalités sociales, politiques et culturelles de cette population ont évolué, changeant le contenu de la noblesse, sans en changer la nature : une aristocratie dominant et encadrant la société et jouissant de privilèges divers.
Cependant, l'idée que l'on se fait de la noblesse est aujourd'hui largement conditionnée par la société d'Ancien Régime, héritière de la noblesse médiévale. Cependant, si la seconde provient bien de la première, la société médiévale n'est pas la société d'Ancien Régime, et la noblesse ne peut se définir au Moyen Âge comme elle se définit à l'époque moderne.
Certains historiens du Moyen Âge considèrent comme noble toute personne portant les titres de chevalier ou d'écuyer (voir Philippe Contamine). Or la chevalerie qui apparait autour du , est à l'origine une population au service des grandes familles héritières de l'aristocratie carolingienne et propriétaire de vastes domaines fonciers.
Au on observe une progressive fusion des valeurs chevaleresques et aristocratiques, notament à travers le roman courtois. Mais cette littérature témoigne également des frustrations sociales des chevaliers, encore considérés comme des serviteurs de l'aristocratie.
À la meme époque, les archives permettant de connaitre la population "noble" ou aristocratique sont d'origine ecclésiastique et écrite en latin. Les miles des archives sont considérés comme nobles. Ce terme se traduit pas seigneur. La noblesse est donc essentiellement liée à l'encadrement féodal.
Lorsqu'au , des archives seigneuriales nous parviennent, la plupart rédigées en français, on retrouve également de nombreux seigneurs. Mais ils sont nettement plus nombreux que dans les archives latine du siècle précédent. Ainsi, on compte dans le Bas-Maine (Mayenne) 13 familles de miles au , contre plus de 130 aux et s.
Faut-il y voir un renouveau profond de l'aristocratie féodale à cette période ?
En fait, on peut distinguer parmi ces seigneurs différentes nuances sociologiques :
- le "noble et puissant seigneur" est l'héritier du miles des archives latines.
- Le "seigneur de…", ecuyer ou chevalier ne trouve pas d'équivalent clair dans les archives latines. Il est pourtant clairement un cadre de la féodalité, jouissant du privilège des armes, combattant à Poitiers (1356) ou à Orléans (1429). Mais peut-on le qualifier de noble ?
Si l'on ne peut distinguer une noblesse structurée par une sociologie précise, le droit médiéval peut peut-être nous éclairer.
La définition des privilèges de la noblesse n'apparait que sous Louis XI après 1440. Ce n'est qu'à cet instant que la couronne reglemente les conditions d'accès à la noblesse et les privilèges dont elle jouit. Avant cela, la noblesse est un état de fait, une place dans société permis par un rang dans la hiérarchie féodale, et/ou la proximité du roi par le service armé ou administratif et politique. Les villes du nord de la France comptent de nombreuses familles jouissant aussi bien des privilèges bourgeois et de fonctions municipales, que d'un statut aristocratique et féodal. La bourgeoisie n'est pas un statut dérogeant à la noblesse jusque-là.
Par ailleurs, on trouve dans de nombreuses régions de France, des familles de paysans, qui par l'accès à la propriété foncières, accèdent au bout d'une ou deux générations à l'aristocratie féodale et donc au service armé.
Les travaux de Philippe Contamine, qui considère pour les et s comme noble toute personne prenant le titre de chevalier ou d'écuyer, a basé ses travaux sur des archives essentiellement militaires. Or, chevalier ou écuyer sont les titres de l'armée féodale. Ces écuyers et ces chevaliers sont des membres de l'aristocratie féodale. Celle-ci est-elle entièrement noble ? Les sources des chartriers seigneuriaux montrent que ça n'est pas toujours vrai pour cette période. C'est pourquoi, à l'exception de certaines très grandes familles, l'usage du terme noble est très délicat pour la période médiévale et qu'il vaut mieux lui préférer celui d'aristocratie, en précisant ecclésiastique, féodale, militaire, etc.
Un autre cas ne laisse pas d'ambiguité sur le caractère nobiliaire d'une personne, ce sont les cas d'annoblissement par lettre royale.
En récompense de services rendus certains membres de l'entourage du roi se voient anoblis, et ce avant même que la couronne n'ait clairement défini les privilèges de la noblesse. La plupart sont orginaires de familles bourgeoises et, ayant pu étudier le droit, sont entrés au service du roi, à des charges plus ou moins importantes. Leur noblesse ne se transmet pas toujours, car les générations suivantes doivent pouvoir vivre noblement, c'est-à-dire disposer de fiefs, et participer à l'armée féodale.
Ainsi de la même façon que l'on pouvait de venir noble, en vivant noblement, on pouvait perdre sa noblesse en cessant de vivre noblement.
Le statut nobiliaire ou aristocratique est donc moins un statut juridique, qu'un statut social relativement mouvant.
Le monde médiéval n'a pas de géographie sociologique aussi clairement défini que la société d'Ancien Régime. Mais c'est cette aristocratie féodale, qui, pour l'essentiel et par un culte profond des valeurs chevaleresques, du service au roi constitue la matrice de la noblesse d'Ancien Régime.
La noblesse à l'Époque contemporaine
La situation de la noblesse
Depuis la Révolution et donc la chute de l'Ancien Régime, la noblesse n'a plus de droits particuliers dans les instances de l'État et n'a plus aucun privilège, sinon le droit de porter le titre de noblesse transmissible de père en fils.
On peut noter que lors des réceptions officielles, la présidence de la République honore ses hôtes nobles de leurs titres sur les cartons d'invitation, « privilège » supprimé seulement au cours du septennat de Valéry Giscard d'Estaing.
Il n'y avait pas de vraie hiérarchie des titres proprement dite sous l'Ancien Régime. Se distinguaient la famille royale (roi, reine, enfants et petits-enfants de France) et les princes du sang. La seule distinction réelle est ensuite entre noblesse dite « titrée » — le titre étant celui de duc, quand il est accompagné de la dignité de pair de France — et noblesse non titrée. La noblesse titrée avait droit à des préséances protocolaires sur les autres nobles, par exemple un tabouret pour les duchesses. La catégorie mouvante des princes dits « étrangers », grands lignages d'abord étrangers puis « naturalisés » en France (Clèves, Guise, Rohan, etc.) tantôt recoupait celle des ducs et pairs, tantôt venait s'intercaler entre princes du sang et ducs et pairs.
La hiérarchie des familles se faisait notamment sur la base de critères tels que :
- l'ancienneté de la famille (noblesse immémoriale, noblesse d'extraction chevaleresque, etc.),
- l'illustration (personnages s'étant distingués au cours de leur vie),
- les alliances (qualité des familles nobles épousées),
Cependant, Napoléon en recréant une noblesse d'Empire, qui s'apparente d'ailleurs plus à une titulature héréditaire qu'à une noblesse de sang, introduisit une hiérachie des titres inspirée du système anglais. Nous trouvons alors par ordre croissant : chevalier, baron, vicomte, comte, marquis, duc et prince.
Cercle
Certains domaines de la vie publique ou économique sont proportionnellement surreprésentés par des gens issus de la noblesse : nombreux cadres dans le corps diplomatique, l'armée et d'autres secteurs de l'administration, ainsi que dans la haute finance. On en retrouve aussi plus qu'ailleurs dans les relations publiques, certains domaines culturels, comme la conservation du patrimoine et même la mode, où le port d'un nom aristocratique est considéré comme un avantage et un gage de savoir-vivre.
Les nobles ont souvent une vie sociale riche dans le but de favoriser leurs réseaux de sociabilité et d'entraide. Quand ils en ont les moyens financiers, ils se côtoient et s'invitent souvent à l'occasion de dîners, de bals ou de rallyes. Les plus huppés d'entre eux organisent des soirées au profit d'une œuvre de charité, avec un droit d'entrée très cher et une tombola.
Il existe par ailleurs des associations ouvertes exclusivement à des personnes nobles, comme en France l'ANF (Association d'entraide de la Noblesse Française), en Italie le CNI (Corps de la Noblesse Italienne) ou encore l'ANRB (Association de la Noblesse du Royaume de Belgique) en Belgique, au Canada la SRAN (Société Royale d'Amérique du Nord), qui rassemble des Nobles de la Nouvelle France, la Noblesse est régie par des lois basées sur les lois britanniques, en vigueur au Canada, la SRAN ayant un caractère international.
La chevalière
Elle est portée en France par les hommes à l'annulaire de la main gauche (avec l'alliance s'ils sont mariés), contrairement à l'usage dans d'autres pays européens où elle est portée à l'auriculaire de la main droite (Grande-Bretagne, Belgique...) ou gauche (Belgique). En revanche, les femmes la portent toujours à l'auriculaire.
Il existe plusieurs modèles : ovale, tonneau, ronde, carrée, etc.
Les armoiries de la famille y sont représentées et sont « timbrées », c'est-à-dire surmontées :
- soit d'une couronne si la famille posséde un titre de noblesse (la forme de ces couronnes varie en fonction du titre porté),
- soit d’un heaume (casque) d'écuyer, symbole de la chevalerie, pour celles qui ne possédent pas de titre de noblesse. Néanmoins, beaucoup d'entre eux ajoutent aujourd'hui une couronne à leurs armes.
Tous les anoblis non-titrés sont écuyers, mais ce « titre » ne se porte pas. Par contre, ces nobles non titrés ont droit à l'appellation de « Messire » suivie du seul patronyme pour le chef de famille, et du prénom et du nom pour les autres membres de la famille.
Les roturiers (personnes non nobles) ne peuvent avoir sur leur chevalière qu’un simple écu ou leurs initiales sous peine d'usurpation de noblesse s'ils affichent un heaume ou une couronne. Cependant, la règle selon laquelle le heaume et la couronne sont réservés à la noblesse n'a jamais été suivie.De même, l'usurpation de titre n'a jamais été réellement punie.
La chevalière peut se porter en baise-main (pointe de l'écu vers l'extrémité des doigts) ou en bagarre (pointe de l'écu vers l'intérieur de la main). Il est de plus en plus courant de la porter en bagarre, malgré une vieille tradition française qui voudrait que seules les personnes mariées la portent ainsi, montrant ainsi qu'elles ne sont pas libres.
Et si porter une chevalière n’est pas gage de noblesse, ne pas en porter n’est pas gage de roture, car beaucoup de nobles n'en portent pas, le plus souvent par discrétion ou refus d'être catalogués comme tels.
La particule
La particule n'est pas forcément un signe de noblesse.
En effet, des familles «roturières» peuvent avoir des noms à particule par ajout récent (notamment depuis l'instauration de la Troisième République), et inversement de nombreuses familles nobles possèdent des noms sans particule, parfois titrés d'ailleurs (par exemple la famille Salmon issue de la noblesse d'Empire avec le titre de baron).
Monarchies européennes
Les titres de noblesse existent encore aujourd'hui dans les monarchies européennes, soit parce qu'ils sont attachés à l'histoire des familles royales, soit comme récompense pour services rendus à la nation. Aujourd'hui on observe une distinction entre la noblesse ancienne et la noblesse contemporaine : la première remonte parfois à des temps dits « immémoriaux », la seconde a gagné ses titres (souvent héréditaires comme en Belgique ou en Espagne) par son action dans l'armée, la haute finance (Empain), la politique (Thatcher), les sciences (Alexander Fleming, Dirk Frimout), les arts (Dali, Ensor, Gros, Sean Connery, Elton John, Joaquim Rodrigo) ou les sports (Eddy Merckx, Sebastian Coe, Ellen MacArthur). Les souverains britannique, belge, néerlandais, luxembourgeois, suédois, danois, norvégien et espagnol, ainsi que les familles Impériales, Royales, Princières et Ducales non régnantes, peuvent encore octroyer des titres de noblesse, et ceux-ci sont limités au rang de chevalier, baron, vicomte, comte ou marquis (on ne crée plus —sauf de rarissimes exceptions— de ducs ou de princes).
Voir aussi
Articles connexes
- origines : noblesse franque, clan familial ;
- féodalité, chevalerie ;
- par pays : baronnage anglo-normand (Angl.), hidalgo et rico hombre (Esp.), ministériaux (Emp. Germ.) ;
- aristocratie, caste ;
- anoblissement, agrégation à la noblesse, noblesse d'extraction ;
- tiers état ;
- gentilhomme.
- Société d'Ancien Régime
Bibliographie
- Martin Aurell, La noblesse au Moyen Âge, Paris, Armand Colin, 1996 ;
- Christophe Badel, La Noblesse de l’empire romain. Les masques et la vertu, Seyssel, Champ Valon, coll. « Époques », 2005 (ISBN 287673415) ;
- Jean-Marie Constant, La noblesse française aux et siècle, Paris, Hachette, coll. « La vie quotidienne », 1994 (ISBN 2012351395) ;
- Philippe Contamine, La noblesse au royaume de France de Philippe le Bel à Louis XII, Paris, PUF, coll. « Moyen Âge », 1997 (ISBN 2130496881) ;
- Georges Duby, Les trois ordres ou l'imaginaire du féodalisme, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 1978 (ASIN 2070286045) ;
- Jacques Heers, Le Clan familial au Moyen Âge, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 2130446582) ;
- Alain Texier, Qu'est ce que la noblesse ?, Tallandier, coll. « Approches », 1988 (ISBN 2235017800) ;
- Léo Verriest, Noblesse, chevalerie, lignages, Bruxelles, chez l'auteur, 1959 ;
- Karl-Ferdinand Werner, Naissance de la noblesse, Paris, Fayard, 1998 (ISBN 2213021481).
- Marquis Silva de Balboa, La Noblesse Fitz-James, Paris, Fayard, 1991
Liens externes
- [http://www.royaute-noblesse.com Site sur la Royauté, la Noblesse, l'Histoire et le Patrimoine]
- [http://www.cnicg.net/ CNI (Corps de la Noblesse Italienne)]
- [http://www.anrb-vakb.be/anrb.htm ANRB (Association de la Noblesse du Royaume de Belgique)]
- [http://societe.org.co.nr SRAN (Société Royale d'Amérique du Nord)]
Catégorie:Histoire sociale
Révolution française
La Révolution française est un ensemble d'événements et de changements qui marque dans l'historiographie française le tournant entre « l'Époque moderne » et « l'Époque contemporaine ». C'est aussi la première fois, dans l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le principe du régime monarchique a été renversé, et non simplement le monarque lui-même comme lors de la première révolution anglaise de Cromwell. Son impact est également dû aux guerres de la Révolution et de l'Empire qui ont touché une large partie de l'Europe continentale avec la création de « républiques sœurs » ou la fin du Saint Empire romain germanique. La période révolutionnaire commence en 1789, avec la réunion des États généraux et la prise de la Bastille, et se termine en l'an VIII (1799) avec le coup d'État du 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte.
Causes
On peut distinguer plusieurs causes profondes à la Révolution française :
- La crise des finances : le budget de l'État est déficitaire, à cause des dépenses engendrées par les guerres du et par le train de vie de la cour royale.
- La contestation de la société d'ordres et des privilèges : les deux premiers ordres de la société française (clergé et noblesse) ne paient pratiquement pas d'impôts. L'essentiel de la charge fiscale repose sur le tiers état.
- Les idées des Lumières, diffusées dans certains groupes sociaux favorisés (noblesse, bourgeoisie), posent les principes de liberté et d'égalité. Elles contestent la monarchie absolue. Le roi cède à l'immobilisme des ordres privilégiés et refuse les réformes nécessaires.
- Les révolutions anglaises du et américaine du donnent des modèles aux élites françaises (La Fayette notamment).
- Les mauvaises récoltes de 1788 provoquent la hausse des prix et la speculation qui déclenchent le mécontentement de la population.
Histoire
La montée de la conjoncture de crise
Emergence et diffusion des idéologies nouvelles
Tout le système du pouvoir repose sur la monarchie qu'a constitué la France comme pays et comme Etat (agrandir le "précaré" selon les capétiens). Cette monarchie a organisé un système administratif efficace, mais il a été développé en fonction d'une mentalité particulière qui se transforme assez brutalement au cours du XVIIIè siècle. Le roi règne par délégation de Dieu ; la tradition monarchique s'inscrit dans le respect des traditions juridiques (coutumes) et des traditions familiales.
Cette monarchie repose sur le principe d'une union intime et concrète entre le roi et son peuple, le roi étant le représentant du peuple.
Ces bases du système politique vont être contestées et attaquées. Cette évolution va s'opérer en trois temps : (article en cours de rédaction, ce qui suit n'intervient en principe que bien plus tard dans l'article! )
La philosophie des Lumières se diffuse pour de nombreux lecteurs de la moyenne et de la petite bourgeoisie.
Les thèmes subversifs de l’ordre établi se généralisent dans les années 1770-1780 avec le secours de l’ « anglomanie » et l’influence de la découverte de la société libérale américaine (Guerre d’Indépendance de 1770-1783), ainsi que le contexte français de rébellion des juristes, et notamment des Parlements contre l’autorité royale une première fois dans les années 1760-1770, puis les années précédant la Révolution.
La philosophie des Lumières prend le contre-pied de ce qu’avaient pensé et voulu ou accepté les Français pendant des siècles. A la tradition s’oppose systématiquement le culte du progrès et de l’avenir. L’Encyclopédie (Diderot) est un hymne au progrès technique (le thème du progrès technique est transposé dans l’ordre politique et social) et idéologique.
Ces analyses s’opposent aux idées anciennes :
§ A l’ordre s’oppose la liberté.
§ Au devoir s’oppose le bonheur.
§ A l’obéissance s’opposent les Droits imprescriptibles et sacrés (notion qui se retrouve de plus en plus dans les textes royaux).
§ A la hiérarchie s’oppose l’égalité naturelle (Rousseau), qui doit conduire à un système politique nouveau : la démocratie et l’égalitarisme social. Il y a un climat de défiance vis-à-vis de tout ceux qui dépassent le niveau commun.
§ De même, à la place des dogmes de l’Eglise se diffuse l’esprit de tolérance, même dans les textes royaux (Par exemple, l’Edit de tolérance en 1787 crée le mariage laïc en faveur des protestants).
C’est un processus qui se développe en plusieurs étapes :
1er temps : sarcasmes contre l’Eglise sous couverts de lutte contre le « fanatisme », les libertins puis les philosophes vont se déchaîner contre les croyances, les pratiques et les principes de l’Eglise catholique. Ces élites, proches du pouvoir, sont presque entièrement détournées de l’Eglise. La monarchie se trouve indirectement atteinte et menacée en raison du lien multiséculaire avec l’Eglise. Mais les masses restent attachées à la religion catholique, malgré une poussée de méfiance vis-à-vis du clergé.
2e temps : examen du système social et politique (période de Montesquieu) ; les actes royaux sont désormais critiqués, et on assiste à l’irruption de l’accusation de despotisme et même d’illégalité, notamment de la part des Hauts Magistrats qui se présentent comme les défenseurs du peuple. L’idée que le pouvoir souverain suprême réside dans la Nation apparaît. La loi n’est plus conçue comme une conséquence technique de dispositions créées par le Roi et la coutume est appliquée par les tribunaux mais comme une norme fondamentale créée par la volonté nationale.
Malgré tout, les Français de 1789 dans leur immense majorité n’imaginent pas une Révolution violente tout en espérant une réforme profonde de l’Etat, et ce dans un climat pacifique.
En 1788 a lieu la « Journée des tuiles de Grenoble » : les protestations des familles touchées par la catastrophe économique se multipliant depuis mai, ces agitations poussent la garnison à intervenir le 7 juin. Celle-ci sera reçue par des jets de tuiles lancées par les habitants de Grenoble montés sur les toits. Après la « journée des tuiles », une assemblée des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) se réunit au château de Vizille et décide la grève des impôts tant que les États Généraux de la province n'auront pas été convoqués par le roi pour les voter. En faillite et incapable de rétablir l'ordre, Louis XVI cédera en août 1788.
Le blocage du pouvoir
Les monarques (Louis XV et Louis XVI) ne sont pas restés insensibles face à la diffusion des idées nouvelles et à la multiplication des indices de transformation de la société. En conséquence, de nombreuses réformes sont imaginées pour rendre l’appareil monarchique plus efficace, pour adapter les structures anciennes aux aspirations nouvelles. La plupart de ces réformes auraient pu permettre une adaptation progressive. Mais les réformes sont mises en œuvre sans énergie. A cause de cette médiocrité, elles sont souvent abandonnées par les équipes ministérielles suivantes. La Monarchie donne l’impression de ne pas avoir de dessein politique constant.
Quelques exemples :
La Réforme Judiciaire de Maupeou est abandonnée par Louis XVI.
La réforme sociale abolit le servage en 1779, mais uniquement pour le domaine royal. Louis XVI n’ose pas étendre cette mesure aux seigneurs laïcs et ecclésiastiques.
Réforme économique : Turgot voulait supprimer par cette réforme les corporations, la corvée royale, et voulait mettre en place la liberté de circulation des grains. Cette réforme est mise en place mais en 1776, Turgot est renvoyé, la réforme est abandonnée et on revient au système ancien.
Réforme fiscale : Depuis le XVIIe siècle, aux impôts anciens s’ajoutent des impôts nouveaux qui pèsent sur tous, quelque soit l’ordre. De 1695 à 1701, est mis en place la « capitation », qui est un progrès essentiel vers l’égalité fiscale : les Français sont répartis en 22 classes, avec au sommet les princes de sang et au plus bas les journaliers, et la charge fiscale varie de 2000 £ à 1 £ par an en fonction de la classe. Mais la Monarchie va autoriser le rachat forfaitaire de l’impôt par le Clergé, les villes, les corporations, les pays d’Etat, la Noblesse. En 1749 est créé le « vingtième », qui frappe tous les revenus (1/20e du revenu). Mais la monarchie cède le rachat en 1760. Cet exemple des réformes fiscales montre deux phénomènes :
§ La Monarchie ne suit et ne peut maintenir une ligne politique.
§ La Monarchie est confrontée au manque de ressources fiscales.
Toutefois, la pression la pression fiscale est assez faible par rapport à d’autres pays (1759 : France 9,5 £ en moyenne par habitant et par an; Angleterre : 22,30 £ en moyenne par habitant et par an).
(article en cours de rédaction, ce qui suit n'intervient en principe que bien plus tard dans l'article! )
La dislocation de l'Ancien Régime
La réunion des Etats Généraux devait durer quelques jours seulement, selon les rites séculaires. Les députés arrivent à Versailles le 1er mai. Le 5 mai, le Roi ouvre les Etats Généraux. Le discours du Roi (qui n’est en fait pas prononcé par le Roi) fait prendre conscience aux députés que la situation financière du Royaume est calamiteuse, avec un déficit très important.
Le 17 juin 1789, cette Assemblée, sur proposition de l’Abbé Sieyès, prend le titre d’ « Assemblée Nationale », ce qui est inconcevable dans l’Ancien Régime. Le 20 juin, lors du serment du jeu de paume, les députés présents s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution écrite à la France.
Face à cela, le Roi hésite.
Dans un premier temps, il donne l’ordre à l’Assemblée de se disperser. Mais dans un second temps, face à la résistance, il invite le Clergé et la Noblesse à se joindre au Tiers Etat.
L’Assemblée va reprendre alors immédiatement sa marche en avant. Le 9 juillet, elle se proclame Assemblée Nationale Constituante.
Durant ces journées, l’Assemblée va réaliser une autre Révolution décisive : beaucoup de députés sont effrayés par la Révolution et vont démissionner ; l’Assemblée va déclarer qu’elle tient son mandat non pas des électeurs individuellement pour chaque député, mais collectivement de la Nation toute entière, et donc les démissions de députés ne peuvent rien changer : c’est l’instauration du principe de la représentation.
Cette Assemblée peut s’appuyer sur les espoirs de la majorité de la Nation, sur les réseaux de « patriotes ». En face, il n’y a que des ministres divisés, un Gouvernement sans ressources financières et un Roi qui recule.
L’Assemblée va déclarer qu’elle ne s’occupera des problèmes financiers qu’après avoir élaboré une Constitution.
Le 12 juillet, Necker est renvoyé pa | | |